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Comment lutter contre les parasites et les champignons en santé humaine et animale ?

Les 6es journées du Consortium antiParasitaire et antiFongique (CaPF) ont eu lieu à Tours les 7 et 8 mars 2016. Elles étaient organisées par la Plate-forme d’infectiologie expérimentale (PFIE) et l’UMR Infectiologie et santé publique (ISP) du centre Inra Val de Loire. Elles ont réuni 70 participants internationaux et ont bénéficié du soutien du Conseil Régional Centre-Val de Loire, de l’Inra et de la société Mérial. La revue Parasite a été partenaire de ce colloque.

Immunofluorescence indirecte de cellules MDBK (Marvin Darby Bovine Kidney) infectées par Eimeria tenella.. © Inra, Anne Silvestre
Par Marion Duchet-Suchaux, Mickaël Riou et Anne Silvestre
Mis à jour le 19/05/2016
Publié le 12/05/2016

Les parasites ciblés lors du colloque étaient pluricellulaires, comme les vers nématodes (entre autres Haemonchus contortus), ou unicellulaires, les protozoaires : des apicomplexes tels que Plasmodium spp, Eimeria spp., Toxoplasma gondii  et les Grégarines ; Leishmania spp.

Divers champignons et notamment Candida albicans et Aspergillus fumigatus ont aussi donné lieu à des communications.

Un fil rouge : les résistances des parasites et des champignons aux médicaments

Les résistances des parasites et des champignons aux médicaments ont été le fil rouge du colloque, car elles inquiètent beaucoup. Des études épidémiologiques ont permis d’estimer la prévalence des souches cliniques d’A. fumigatus résistantes aux antifongiques azolés en France. Elles ont aussi montré de nouveaux gènes de résistance chez ce champignon, probablement acquises par la pression des fongicides dans l’environnement.

1. Une voie prometteuse : comprendre les modes d’action des médicaments

Connaitre et localiser les récepteurs aux médicaments actifs sur les nématodes (anthelminthiques) permettra d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques. Récemment, les chercheurs ont découvert et caractérisé un nouveau récepteur des nématodes parasites. De plus, ils y ont localisé pour la première fois le récepteur de la nicotine.

2. Des espoirs pour contourner les résistances des parasites aux médicaments

2.1. Proposer aux éleveurs une nouvelle approche du contrôle parasitaire

Il est maintenant possible de repenser complètement les moyens de contrôle des parasitoses en élevage. Tout d’abord, la sélection génétique d’animaux plus résistants aux nématodes parasites est efficace. Y associer une bonne conduite du pâturage et l’administration d’alicaments à base de plantes évitera l’utilisation systématique des anthelminthiques.

2.2 Renouveler les composés chimiques

De nouveaux composés chimiques actifs contre les protozoaires ont émergé de collaborations entre chimistes et biologistes. Dans un premier temps, il s’agit d’identifier des molécules « chefs de file » intéressantes. Elles doivent avoir une activité sur le parasite et une faible toxicité pour les cellules en culture. Puis, les scientifiques ont synthétisé des composés proches de ces molécules pour les améliorer. Ces travaux prennent du temps car ils occasionnent le criblage de centaines de molécules et la synthèse de dizaines, pour en obtenir une ou deux actives.

2.3. Tirer profit de produits animaux et végétaux

Œuf de poule, lupin et tabac contiennent des substances à activité antiparasitaire. Le premier renferme des molécules antibactériennes qui ont tué Eimeria teneilla sans toxicité sur les cellules. Les seconds comprennent des alcaloïdes qui pourraient agir sur les nématodes : la lupanine  et la nicotine.

2.4. Penser à de nouvelles formulations

Actuellement le traitement du paludisme préconisé par l’Organisation mondiale de la santé comporte des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine. Mais des résistances à ces médicaments ont émergé en Asie du Sud-Est. Bien choisir la molécule partenaire de l’artémisinine ou administrer sous une nouvelle forme l’atovaquone, qui est un autre médicament, font partie des solutions possibles.

Et aussi

1. Connaître le parasite ou le champignon

1.1. Se souvenir des travaux fondateurs

Une rétrospective d’études en microscopie électronique, présentant de remarquables photos d’apicomplexes, nous a rappelé l’importance fondamentale de voir un agent pathogène quel qu’il soit.

1.2. Se servir des nouvelles technologies, sans oublier les classiques

Bien sûr les outils technologiques actuels ont aussi leur part de bénéfice. Récemment, le séquençage à haut débit a permis de découvrir de nombreux génomes de champignons et d’étudier ceux qui colonisent la peau, l’intestin, ou le poumon. Il reste à identifier les fonctions des gènes, en développant des stratégies classiques et en utilisant l’imagerie in vivo.

2. Définir des modèles expérimentaux pertinents

Un nouveau modèle expérimental de neuropaludisme mis au point chez le rat plus proche de l’homme que la souris, paraît très pertinent. Cela donne un espoir de trouver des marqueurs permettant un diagnostic précoce du neuropaludisme.

3. Découvrir les unités académiques et une entreprise privée

Ces journées ont aussi permis aux participants de découvrir la PFIE et l’UMR ISP, et aussi comment créer et développer une entreprise privée, BIOalternatives.

Pour conclure, ce colloque a reflété le dynamisme que le CaPF cherche à communiquer, avec les interventions de nombreux jeunes chercheurs rapportant des travaux transdisciplinaires. De plus, il a encouragé les participants à initier ou à faire perdurer des collaborations autour de projets communs.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Autre contact :
Marion Duchet-Suchaux
Département(s) associé(s) :
Santé animale
Centre(s) associé(s) :
Val de Loire

À propos du CaPF

Groupe des participants aux 6es journées du Consortium antiparasitaire et antifongique (CaPF) 2016, à la Mairie de Tours, partenaire de ces journées.. © Inra, Nathalie Pisciotta
Groupe des participants aux 6es journées du Consortium antiparasitaire et antifongique (CaPF) 2016, à la Mairie de Tours, partenaire de ces journées. © Inra, Nathalie Pisciotta

Le Consortium antiparasitaire et antifongique (CaPF) est composé de chercheurs issus de divers organismes publics (Inserm, Institut Pasteur, CNRS, Inra, IRD, CHU, Grandes Ecoles, MNHN, universités) et privés (comme Mérial, Sanofi-Pasteur, MSD…). Ce consortium rassemble des professionnels de l’innovation thérapeutique pour relever le défi de la découverte de traitements plus spécifiques et mieux tolérés contre les parasitoses humaines et animales. Le CaPF mène son action aussi bien contre les ectoparasites (tiques, puces…) que les endoparasites (protistes et helminthes) qui ont un impact sur les économies sanitaires et agricoles en particulier dans les pays émergents ou en voie de développement. La mission du CaPF est d’accélérer la découverte de nouveaux traitements antiparasitaires et d’en assurer l’accompagnement jusqu’en phase clinique. Ainsi, le CaPF réunit à travers ses membres différentes compétences telles que :

  • la parasitologie, la mycologie, la biochimie, la modélisation moléculaire : pour la définition de cibles thérapeutiques,
  • la chimie, la pharmacognosie : pour la conception et la synthèse de nouveaux principes actifs,
  • la galénique : pour leur formulation,
  • la santé, l’épidémiologie : pour les essais cliniques et le suivi sur le terrain.

Le CaPF se positionne comme une structure permettant l’émergence de projets scientifiques novateurs et favorise l’implication des jeunes chercheurs en organisant des journées thématiques.

En savoir plus

  • Site de la Plate-forme d’infectiologie expérimentale : PFIE
  • Site de l’unité mixte de recherche Infectiologie et santé publique : UMR ISP