• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer

Bilan des récoltes méteil 2019 : promesses tenues !

Les mélanges céréales protéagineux - méteil1 - pour une récolte en fourrages nous ont encore montré en 2019 les possibilités qu’ils peuvent offrir aux éleveurs pour répondre à différents objectifs. Le travail effectué sur le site de l’Inra Val de Loire à Nouzilly dans le cadre des expérimentations menées conjointement avec la Chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire et des actions agricoles du contrat de bassin de la Brenne, ont permis de valider les conditions de réussite des implantations de prairies sous couverts de divers mélanges.

Méteil : repousse 8 jours après fauche à 7 cm © Stéphane DAVID
Par David DUCHENE (Inra) et Stéphane DAVID (Chambre d'agriculture 37)
Mis à jour le 30/07/2019
Publié le 26/07/2019

Les implantations de ces mélanges ont été plutôt tardives à l’automne 2018 en raison des conditions sèches : fin octobre au lieu des préconisations habituelles (fin septembre au 15 octobre en fonction des mélanges).

Les premières récoltes ont débuté entre le 10 et le 15 avril avec des objectifs différents selon les situations :

  • dans des parcelles hydromorphes où un mélange de trèfles (notamment violet) avait été implanté avec le méteil. Les conditions de portance étaient bonnes et le méteil (avoine, féverole, vesce) avait rempli son rôle de couverture pour aider l’implantation. Le rendement de 2 tonnes de matière sèche (MS)/ha peut paraître décevant mais la qualité est très bonne (la production laitière obtenue par cet élevage a progressé depuis l’incorporation de cet enrubannage dans la ration). La 2ème coupe est en cours sur ces parcelles de trèfle bien installé.
  • pour les mélanges à base de seigle. En effet cette céréale précoce permet d’obtenir un rendement correct (entre 3,5 et 4,5 T de MS/ha) dès le 15 avril. Mais la souplesse de récolte est faible, au-delà de cette date la valeur énergétique du fourrage va baisser rapidement.
  • Pour les mélanges à base d’avoine et triticale (plus féverole, vesces, pois fourragers, trèfles annuels…) les récoltes se sont déroulées entre fin avril et le 15 mai en fonction des créneaux météo. Ces mélanges plus souples d’utilisation grâce à des céréales à épiaison plus tardive ont permis de récolter des fourrages de qualité (0,8 à 0,9 UFL et 15 à 18 % de Matières Azotées Totales) malgré des dates de récolte échelonnées à cause des passages pluvieux notamment sur le sud du département.

Ces mélanges ont produit entre 4 et 6 T de MS/ha et ont permis d’implanter des cultures de printemps (sorghos grains-ensilage, maïs, tournesol…) dans des conditions correctes.

Les essais menés sur la ferme du lycée agricole de Fondettes sont venus confirmer les résultats obtenus en parcelle agriculteur. En fonction des céréales utilisées dans les mélanges, la précocité et la souplesse de récolte sont très différentes. A chacun de choisir son mélange en fonction de ses objectifs.

Ces essais ont aussi été l’occasion de tester différentes variétés au sein des espèces suivantes : vesce commune, vesce velue, trèfle de Micheli, trèfle Squarrosum, trèfle d’Alexandrie, pois fourrager et d’évaluer l’adaptation de quelques variétés d’avoine et de triticale à la production de fourrages. Les écarts sont conséquents, ce qui montre que le choix des variétés est essentiel et va sans doute nous permettre de choisir des dates plus précoces de récolte sans nuire ni au rendement ni à la souplesse d’exploitation afin de profiter de la période climatique optimale de récolte sur la 2ème quinzaine d’avril. Les résultats et préconisations seront publiés prochainement dans le cadre du programme Herbe et Fourrages Centre-Val de Loire2.

Le travail effectué sur le site de l’Inra Val de Loire à Nouzilly dans le cadre des expérimentations menées conjointement avec la Chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire et des actions agricoles du contrat de bassin de la Brenne, ont permis de valider les conditions de réussite des implantations de prairies sous couverts de divers mélanges.

Les mélanges présentés lors du « rendez-vous au champ » du 28 mai 2019 par David Duchêne (UEPAO – Inra Val de Loire), par Denis Thomas et Stéphane David (Experts fourrages CA37), avaient suivi un itinéraire technique classique, gage de réussite. (cf. tableau ci-dessous)

Fiche suivi parcellaire, Nouzilly 2019. © Inra
Fiche suivi parcellaire, Nouzilly 2019 © Inra

 
Ce qu’il faut retenir de cet itinéraire :
1/ un apport de matière organique au semis pour garantir un démarrage en végétation au printemps  et une alimentation des plantes.
2/ un semis début octobre pour assurer un développement de la végétation assez rapide pour couvrir le sol et limiter la concurrence des adventices éventuelles. Ceci est d’autant plus important que les conditions de sol peuvent être hydromorphes.
3/ un apport de fertilisation azotée entre 40 et 70 unités d’azote pour assurer l’équilibre entre les graminées et les légumineuses. Les chaleurs de février avaient permis aux légumineuses de démarrer plus vite que les graminées. Un apport a donc été fait début mars pour s’assurer que les graminées allaient pouvoir jouer leur rôle de tuteur jusqu’à la récolte.
4/ la récolte a été réalisée à l’éclatement de la gaine des céréales. Afin de garantir la qualité des fourrages, Il ne doit y avoir aucun épi dans la parcelle.
Dans ces conditions, le rendement moyen de la parcelle de 10 ha dans laquelle se trouvait l’essai a été de 6.3 t de MS/ha.

Ci-dessous un extrait des résultats obtenus.

Extrait des résultats, Nouzilly 2019. © Inra
Extrait des résultats, Nouzilly 2019 © Inra

 
Ce qu’il faut retenir de ces résultats :
1/ le respect de l’itinéraire technique et notamment du stade de récolte permet des récoltes de qualité qui vont permettre de produire de la viande ou du lait en limitant les achats de complément.
2/ Le semis de prairie sous méteil permet d’accroître le rendement de la 1ère coupe de l’ordre de 40 % sans pénaliser la valeur du fourrage récolté.
3/ Les adventices présentes sous le méteil à la levée ne se développent pas sous le méteil, ce qui laisse une prairie propre derrière la récolte du méteil.

Stéphane Barmoy, responsable de la ferme de Tours Fondettes Agro-campus, témoigne : « Depuis que nous avons intégré du méteil à base d’avoine vesce commune trèfle de Micheli dans notre assolement nous avons sécurisé nos stocks. Nous avons produit 3.6 t de MS/ha de méteil en début mai 2018 et 5.5 t de MS/ha en début mai 2019 en ajustant la « recette ». Cette culture correspond à nos objectifs de production en termes de volume et de qualité mais aussi en terme de conduite technique agroécologique (association de cultures, légumineuse, peu d’engrais azotés, pas de produits de défense de végétaux) »... https://www.tours-fondettes-agrocampus.fr/exploitation_agricole/agriculture/

Focus résultat essai P15C : D’après ces premières mesures, l’implantation de méteil en complément de la prairie permet d’augmenter significativement le rendement de la première exploitation, en termes de qualité (augmentation des MAT de 30 à 100 % du témoin M0) et de quantité (de 1,5 à 3,5 T/MS supplémentaires au témoin M0).
Les mesures vont se poursuivre sur les fauches successives, afin de quantifier les rendements et les valeurs alimentaires. Cela permettra de connaitre la production globale des modalités sur une campagne et répondre aux questions posées a priori (augmentation du rendement de la prairie en première année, amélioration de la valeur azotée, pérennité de la prairie…)

Comparaison du rendement entre modalités. © Inra
Comparaison du rendement entre modalités © Inra

1 Le méteil est un mélange de plusieurs céréales et légumineuses, destiné à être récolté en grain ou bien en ensilage, quand les plantes sont encore immatures. Dans le cas de l'ensilage, certaines exploitations d'élevage ajoutent des graminées fourragères à leur mélange.
2 Le Programme Herbe et Fourrages Centre-Val de Loire est né en 2013 de la rencontre entre les actions du groupe fourrages des Chambres d’agriculture du Centre-Val de Loire et une demande de la filière ovine. Il s’appuie sur l’expérience du Programme Structurel Herbe et Fourrages Limousin.

Contact(s)
Contact unité expérimentale Inra :
David Duchêne, UEPAO
Département(s) associé(s) :
Physiologie animale et systèmes d’élevage
Centre(s) associé(s) :
Val de Loire